Léopoldo NOVOA

artiste peintre sculpteur

2008 

Nous sommes face aux matériaux touchés par la main d’une artiste. Ce qui fut matière,  fer,  métaux,  cristal, bruts et dévastés, convertis en reflets et transparences, en matière sensible. J’oserais dire en musique spatiale parce que le son entre aussi en compte et le complément. Approchons nous de l’oeuvre de Martha sans préjugés pour l’humilité des matériaux, pour sentir comment ils se transmutent pour que l’art puisse aussi se toucher avec la main.

 

 

Carlos CRUZ DIEZ

artiste

2008

Martha et la transparence

Depuis de nombreuses années je connais Martha Rodríguez en tant que chercheuse tenace, d’une perception aigüe du subtile…de ce que très peu parviennent à détecter.

Graphiste et plasticienne, ses oeuvres attestent d’une forte personnalité, mais, sont toujours traitées de manière raffinée et exquise.

 

Dans certaines de ses œuvres de structures spatiales, la transparence est la "matière brute" de sa recherche, et à travers ce discours, elle nous fait percevoir que la transparence peut aller bien au-delà de sa propre condition immatérielle.

C’est une métaphore de l’ambigu, une expérience qui matérialise l’immatériel et le matériel se change en une structure apparente.

  

 

 

Gérard XURIGUERA

2002

Adepte des arts graphiques et du design, originaire du Venezuela mais parisienne depuis plus de deux décennies, Martha Rodriguez est avant tout une artiste polymorphe, qui pratique alternativement la peinture, la sculpture et les installations, en s’inscrivant de plain-pied dans l’esprit de son temps. Néanmoins, davantage que l’image peinte, elle donne le primat à la troisième dimension, et par extension, à ses détonnantes scénographies. On pense d’emblée à cette structure tubulaire en rectangle, qui porte en son axe médian trois épaisses plaques de verre légèrement espacées les unes des autres, sur lesquelles se détache l’impact d’un tir de kalachnikov. La déflagration a éprouvé, bien entendu, la résistance du matériau, au cours d’une performance unique, mais elle implique également des notions de temps, de vitesse et de précision, au fil d’un défi esthétique recoupant certains mythes de violence de nos sociétés en crise. En d’autres circonstances, Martha associe le verre concassé, martelé, stratifié ou découpé, dont elle conjugue la transparence et l’opacité, au métal en spirale ou en fragment, au bois ou au granit lisse ou strié, pour élaborer des sculptures objets à la résonance conceptuelle, qui transgressent leur signification première.

 

Emanations directes du réel, ces oeuvres se tiennent à l’écart du produit manufacturé, mais s’avèrent inséparables de notre civilisation industrielle. Plus avant, Martha crée aussi des sortes de tableaux-reliefs émaillés d’éclats de verre scintillants, rehaussés par une lumière enveloppante, qui suscitent des harmonies changeantes, dans une houle poétique étudiée. Autant de propositions qui manifestent une écriture diversifiée et cohérente, libre et contrôlée, où interfèrent présence et absente, mémoire et sensation, dans une roborative fusion des contraires. Mais quels que soient les partis pris de l’artiste, jamais l’emprise des moyens techniques ne prend le pas sur l’intégrité artistique de son oeuvre, ni sur ses connotations psycho-affectives.

 

 

 

Thierry VENDÉ

2005

Epouvantʼart, Château Saint Jean de Beauregard

 

Lʼinstallation de Martha Rodriguez "Champ de tentations"  est aux antipodes de ce quʼon imagine pour un épouvantail. De combien de stratagèmes faut-il en effet user pour les effrayer ces volatiles, par le mouvement, le son ou la lumière, et le plus souvent sans résultat tangible. Loin de vouloir effrayer les oiseaux, les sphères de plexiglass de lʼartiste sont au contraire une invitation à trouver demeure. 

La sphère est tour à tour mangeoire ou abreuvoir, abri ou nichoir.

Aérienne et mobile, lʼinstallation évoque avec un peu de recul des bulles aériennes comme celles que nous faisions enfant avec de lʼeau et du savon. Il suffirait de peu pour quʼelles sʼenvolent.

 

 

 

Hélène Benkö-Poisot

2007

Espace-Matière-Energie-Harmonie. Univers quadridimensionnel dépassant notre monde pour rejoindre une perspective inépuisable et riche, tout en atmosphères. Comme si Martha n’avait emporté de son pays, de ses Tropiques, que les traces combinées, argentées, aériennes et fragiles de la lumière et du cristal de l’eau. Pour rapporter ici sa lumière et sa mer, elle semble avoir fait le tri, renvoyé l’exotisme du commun des mortels pour capter et tailler dans le verre une vibration nue, vivante, qu’elle retient par des liens de métal noués, coulants ou sinueux, parfois écartelés...

De cette matière brute, glaciale, tranchante et déchirante, elle découper des courbes fluides, des corolles frissonnantes ou créer un espace papillonnant de bleu. La poésie se plait dans ses panneaux suspendus et gravés, ses pavés sculptés ou ses compressions denses, et même ses torsades de fer ont quelque chose de voluptueux...

Et pourtant cette matière, il faut bien la briser, l’organiser, la dompter, la tordre.

Il faut forcer la force, l’assujettir, et se l’approprier.

Martha fait tout cela. 

 

Véritable métamorphose,

le paradoxe, l’expression d’un mystère est ici.

 

Car même cristallins, les éléments de son travail sont durs, froids, blessants ou ferrailleux mais agilisés par un talent irrésistible, ses oeuvres reflètent la légèreté., la profondeur... le rêve. Les sculptures de Martha ressemblent à des écrins de larmes, bijoux de transparences lisses ou superposées et l’on retrouve dans ses toiles et ses travaux sur papier les thèmes fracturés d’une mémoire secrète. Mais peut-on dire que son cheminement profond s’exprime dans cet « Impact pour la paix », vitrine explosée de notre époque, si proche par la force des choses, de nos coeurs balafrés ? Martha, ton parcours est un piège merveilleux pour nos yeux, et ton imaginaire est de toute beauté. Merci au Château de la Groulais de nous offrir le plaisir de cette découverte.

 

 

 

Gaston DIEHL

1996

Il faut quelque courage, et Martha Rodriguez n’en manque pas, pour tenter de passer d’un technique à une autre, du graphisme à l’expression picturale. Elle s’est décidée à franchir le pas, à s’extérioriser d’une nouvelle d’une nouvelle façon. Elle l’a fait avec une patiente détermination, une franche sincérité, tout en maintenant un certain lien avec le point de départ.

Avec un convaincant pouvoir de suggestion, elle parvient en effet à entrecroiser ingénieusement de fins bâtonnets, à leur donner du champ, à les entremêler à d’autres éléments, en variant, en introduisant un fond coloré elle se lance hardiment, à la conquête de l’espace. Profitant de cette ouverture, elle commence à s’en servir pour s’attaquer à présent à une matière noble, à la fois résistante et fragile, le verre, terrain d’accueil à l’imagination et aux rêves.

Souhaitez-lui donc de s’attacher à poursuivre et développer une pareille fascinante aventure.

 

 

 

Maxime BONO

Député, Maire de La Rochelle

2002

Martha Rodriguez est de retour.

En quelques semaines, il y a bien des années, elle avait saisi l’esprit de la ville toute entière.

 

Graphiste, passionnée par les signes, elle avait marié à La Rochelle, l’écriture gravée dans nos pierres, la figure équilibrée du triangle, et le bleu du ciel dans ce qui est aujourd’hui le logo de la ville. Elle nous invite, ce mois-ci, avec “Bacchus” à cheminer dans le Cloître des Dames Blanches pour y déchiffrer d’autres signes dans la vigueur de ses œuvres où se mêlent transparence et durée, force et fragilité, impact, mémoire et intuition.

Laissez-vous entraîner dans cette étrange promenade, toute faite d’atmosphère, de souvenirs et d’anticipation.

 

 

 

Kantaro

Artiste 

2007

La peinture de Martha Rodriguez est le versant occulte de sa sculpture ; elle révèle avec bonheur le côté ludique de son travail. Si nous adoptions une analogie graphique je dirais que la sculpture, par rapport à l’articulation du langage formel de M.R., en représente la typographie (déterminée par des contraintes spatiales, de poids, de résistance des matériaux, etc.), où les caractères sont des vertèbres porteuses de la lumière qu’elles piègent.

 

En revanche, dans l’univers pictural, la transcription de ces éléments fondateurs se décline plutôt comme une calligraphie festive (où la puissance gestuelle, l’improvisation et la liberté par rapport à la gravité règnent), permettant ainsi l’expression d’une sensibilité chromatique riche en textures,

« la peau des lettres ».

 

 

 

Pierre-Henri Buestel

Artiste

2007

Le dessin fait partie intégrante de la démarche spirituelle que semble vouloir indiquer Martha Rodriguez : constructions, espaces, transparences, écritures, matières, expérimentations.

Ne sousestimons pas d'autre part cette attitude prometteuse, complète, (sculptures, peintures, gravures...) sources de recherches assidues  et quotidiennes dans son atelier de Nogent sur Marne, dont le parc naturel paraît si propice, entre autre, à son inspiration lyrique, expressionniste et sensuelle.

 

 

 

Abraham Pincas

Artiste et professeur à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris.

2007

J'ai vu tes œuvres et je voulais te dire que la lumière qui traverse tes verres accentue la transparence de ce monde comme si on le voyait à travers une fenêtre, face à face et non comme dans un miroir, qui reflète l'image renversée et spirituelle de celui qui le regarde.

La lumière reflétée de ces cristaux rappelle les étoiles qui scintillent dans   le ciel comme des pierres précieuses. Les couleurs que tu emploies, le blanc, le noir, le rouge, le bleu et le vert rappellent le feu noir et le feu blanc, le rouge de l'âme, le vert de la vie et le bleu de l'esprit.

Les formes sont le point, la forme la plus petite qui désigne le monde qui vient.

La ligne, qui donne les directions haut bas, biais et zigzag, droite et gauche et crée le carré, le triangle et le cercle. Ce dernier devient spirale et désigne le chemin infini.

Tes oeuvres, petites et monumentales s'insèrent dans l'environnement de la nature où tous les éléments, l'air, l'eau, le feu et la terre se liant en harmonie.

Les matières employées, le papier, le plastique gravé au feu, le cristal, le fer, l'acier contiennent les empreintes de ton art. Voir et entendre témoignent du lustre de la main sur tes œuvres.

Je te souhaite un bonne marche dans le sentier de la création, sans fin ni but.