Susana BENKO

chercheur, critique d'art, conservateur, enseignant et muséologue

Madi Museum

2019

La actividad expositiva de la artista franco-venezolana Martha Rodríguez (Caracas, Venezuela, 1956), ha sido extensa. Desde 1991 a la actualidad, ha expuesto en galerías y museos en diversos países como Francia, Alemania, Bélgica, Suiza, Hungría, España, Egipto, Venezuela y los Estados Unidos, así como en diversas ferias internacionales de arte.
Ha explorado con diversos materiales para realizar esculturas de diversos formatos distinguiéndose por su geometría orgánica. Reside en París desde 1979. 

Susana BENKO

chercheur, critique d'art, conservateur, enseignant et muséologue

2019

Obsolescence programmée.

Une proposition de Martha Rodríguez

Présentation

Ce projet présente deux objectifs fondamentaux. D’abord, celui de promouvoir une réflexion à propos d’un évènement qui concerne la vie de tous et qu’on connaît sous le nom d’obsolescence programmée. Ensuite, un deuxième, et un second objectif, de caractère esthétique et sensoriel, basé sur les possibilités du dessin –et du papier– comme moyen de construction d’un espace pour la contemplation et l’interaction à travers l’installation. On verra que ces deux objectifs sont étroitement liés et, sous certaines formes, permettent de comprendre la situation du dessin, ainsi que de l’artiste, face au renouvellement technologique constant, caractérisant le monde artistique de nos jours.

"Obsolescence programmée": concept et allégorie

On comprend par obsolescence programmée, la fin de la durée d’utilité d’un produit ou un objet. Cette fin est programmée car elle a été calculée préalablement par le producteur dans des fins purement économiques. Ainsi, notre vie moderne est conditionnée de ce fait, car en plus d’affecter notre propre économie, nous commençons à cumuler ou à nous débarrasser de plus en plus de déchets. Cela se produit de différentes manières. Par exemple, une ampoule qui s’épuise rapidement ou encore une machine qui tombe en panne, remplacée plutôt que réparée.

Dans ce projet expositif et curatorial, l’obsolescence programmée fonctionne comme une allégorie. À travers cette idée, Martha Rodríguez, artiste franco-vénézuélienne, à la fois sculpteur, dessinateur et graphique designer, s’interroge sur la situation de l’artiste –sa propre situation– quand elle se trouve face à une feuille blanche au milieu d’un contexte où les moyens et les outils digitaux ont pratiquement remplacé le métier traditionnel du dessin. Un phénomène qui ne se produit pas seulement dans les domaines du design, mais également dans le domaine des arts visuels.

La technologie digitale n’a pas seulement remplacé le crayon et le papier comme moyen d’expression artistique, mais a changé le vocabulaire et même les paramètres qui déterminent les éléments d’expression. Il suffit de voir ce qui se passe avec le point, l’élément expressif le plus originaire et essentiel qui aujourd’hui est équivalent à un pixel. Digitalement, on dessine et on peint avec pixels. D’une certaine manière, ça rappelle le principe selon lequel une ligne est formée d’une succession de points. Par conséquent, les formes sont données à partir de la manipulation de ces pixels. Le trait manuel est remplacé par le mouse et la matérialisation de ce travail dépend de la qualité de l’impression.

De ce point de vue, le papier en tant que support semblerait devenir obsolète. Ainsi, la boule de papier devient l’image la plus éloquente, évoquant ce déchet qui remplit la poubelle, et rappelle, comme le souligne Martha, la sagesse de ce grand artiste qu’est Pablo Picasso quand il le considérait « l’outil le plus important de l’atelier d’un artiste ».

Loin de remettre en question les nouveaux médias et les changements qui se produisent dans l’art contemporain, il s’agit ici de considérer cette image du déchet comme une allégorie de l’obsolescence, en parvenant même à vaincre ce fort sentiment de vide et d’angoisse produit par le papier blanc quand l’artiste crée à partir de rien.

Par conséquent, l’image du papier écarté comme un déchet n’est pas seulement une excuse, mais est le sujet primordial de l’œuvre de Martha, en donnant une nouvelle impulsion au dessin en tant que pratique et en tant que métier. Ainsi, cet élément expressif essentiel et originel, tel le point, devient ici la circularité d’une boule de papier, mais ici, il n’est pas jeté en tant qu’un déchet indésirable mais il est récupéré et devient soit un « point nodal » d’une composition d’un dessin bidimensionnel, soit un ensemble de volumes circulaires occupant l’espace d’une installation. Du dessin à l’installation.

Dans le fond, cette proposition d’exposition repose sur le travail manuel et sur la sensualité que suscite le contact avec le matériau. Le papier devient un objet sensoriel et de plaisir : vu comme un volume, réel ou dessiné, vu dans ses plis (comme un « papier froissé » et jeté), et dans le jeu de lumière crée à travers les ombres et les lumières qui y sont générées. La proposition d’exposition, en ce sens, est double : bidimensionnel avec des dessins qui résultent d’un processus de recherche sur ce sujet traité de multiples façons avec divers contextes graphiques, mais aussi, tridimensionnel comme expérience sculpturale à travers l’installation.

Finalement, il s’agit précisément d’une lutte contre l’obsolescence. Le papier comme matériau a un rôle principal. L’artiste « prolonge » sa pratique du dessin à d’autres moyens, en faisant possible de parler de dessin dans ses sculptures et dans ses interventions spatiales.

Dans toutes ses variantes, se pose la nécessité de réfléchir à propos du sens de ce qui est réel et ce qui est invention. Ceci est particulièrement visible dans les dessins chez l’artiste dans lesquels la représentation des boules de papier présente une facture presque hyperréaliste. Qui se retrouvent néanmoins dans des contextes graphiques très variés, produits de son imagination. Chaque composition présente des façons illimitées de travailler les points, la géométrie et les motifs linéaires, un aspect caractéristique du style de l’artiste. Cependant, travailler en trois dimensions la question de la boule en papier, suppose de prendre en compte un autre problème important: l’échelle. Cet ensemble de sculptures devrait donc s’adapter proportionnellement à l’espace de la salle d’exposition. La plupart des œuvres seront faites in situ et suspendues au plafond. Il s’agit, finalement, d’une proposition performative –car elle dépend de l’action de l’artiste– et, d’autre part, d’une installation conçue à partir du papier et du dessin. En fin de compte, il s’agit de créer un environnement qui stimule la perception sensorielle du spectateur et de retrouver le plaisir de la contemplation.

Margarita Gómez Carrasco

critique d'art

2013

Martha Rodríguez, la transparencia que da magia ante la luz

Las obras de arte de Martha Rodríguez nos transportan a un lugar donde reina la sutileza, donde se respira equilibrio, movimiento y vida. En todas sus esculturas se avizora su alma. Nos deja pensando en los materiales que emplea, con trozos de vidrio atravesados por estructuras de acero, en las que se da una conjunción estética y el juego peligroso que implica su tallado. No hay rosa sin espina o mejor, o como dice Simone de Beauvoir: «Porque el hombre es trascendencia, jamás podrá imaginar un paraíso. El paraíso es el reposo, la trascendencia negada, un estado de cosas ya dado, sin posible superación».

 

En el mes de agosto de este año, tuve la oportunidad de entrevistar en París a Martha Rodríguez, una artista venezolana radicada en ese país desde hace más de treinta años. Exhibió sus obras en importantes museos y galerías de Venezuela, Francia, Hungría, Estados Unidos, Suiza, Alemania y Egipto, entre otros países. Algunas de sus obras están instaladas en espacios públicos, otras pertenecen a colecciones públicas como la del Museum of Geometric and MADI Art en Dallas, EE. UU., Caixa Nova en Ourense, España, y KoKapu en Hungría.

Durante la charla que tuvimos, me mostró algunos de los catálogos que documentaban su recorrido artístico. Puso el acento en el concurso de la Bienal de Guadalajara, con su proyecto Rebozos ―después me enteré que había obtenido el primer premio―. Para esta artista, ese acontecimiento significó una bisagra. Empezó por buscar una razón y se topó con el protagonismo de la mujer en la independencia. Se dedicó a estudiar y escudriñó hasta que encontró un símbolo que le sirvió para crear una forma, el rebozo, una prenda femenina de vestir, usada en México, con forma rectangular y de una sola pieza, y que puede ser usado como bufanda o chal. A menudo, las mujeres lo usan para cargar a sus hijos y para llevar productos al mercado. Durante la independencia de aquel país, las mujeres transportaban el maíz y la leña a sus espaldas, y también lo utilizaron para cubrir a los heridos.

 

En 2010, Martha hace una ruptura con el vidrio, empieza a estudiar los pliegues que luego aplicará en los rebozos. Se podría decir que, en aquel momento, empieza a desplegar su alma y mostrar otras cosas que va descubriendo y que la plasma en su obra.

En la conversación, se deslizan palabras como «claro y transparente» y también afirma que «la transparencia es porque da un poco de magia ante la luz y el aire. Lo claro fue mi problema estético, ya que la creación se me presenta como un hecho abstracto, similar a los vidrios con los que los empiezo a trabajar desde 1995. Luego, se produce una ruptura, y empiezo a experimentar con otros materiales y con obras de mayores dimensiones para los espacios públicos».

Me intriga saber cuándo y cómo descubrió su vocación de artista. Al preguntarle, me confiesa que fue a los treinta y cinco años, cuando trabajaba en diseño grafico. Por aquel entonces, tuvo la necesidad de pegar un salto de fe y de coraje para lanzarse a la creación, porque quería descomponer la estructura y el espacio, para reconstruirlos. Y acota con una sonrisa: «Me eduqué con el circulo y el cuadrado, tuve que romper todo para construir».

La obra de Martha Rodríguez está llena de luz y de vida; pero no por ello todo es tan claro, ya que sus magnificas esculturas conllevan un halo de misterio, algo que la artista aún prefiere dejar guardado en sus pliegues.

En la actualidad, trabaja como docente, enseña a dibujar. Atraviesa un periodo en el cual desea lograr la excelencia, o sea, el justo equilibrio visual. Piensa que la contemporaneidad es relativa y tiene razón: es difícil ser actor y juez al mismo tiempo.

Martha es una artista audaz y multifacética, con una obra versátil, reflexiva, exquisita, que no tendrá que esperar hasta los setenta porque ya tiene la trascendencia asegurada.

 

PERAN ERMINY

pintor y crítico de arte

2009
REFLEJOS Y TRANSPARENCIAS DE MARTHA RODRIGUEZ

La importancia de esta breve muestra del trabajo artístico de Martha Rodriguez consiste en que por primera vez se da a conocer en Venezuela algo de lo que es la excelente producción creadora de una artista venezolana que desde hace unos treinta años reside en Francia y ha desarrollado allá, con un Éxito creciente, una obra valiosa, personal y destacada, que hasta ahora permanecía inédita en Venezuela.

Martha Rodríguez es una artista versátil, reflexiva, rigurosa y sensible, que ha cultivado el dibujo, la pintura, el diseño, el grabado y sobre todo la plástica tridimensional, por no decir la escultura, desde los relieves hasta móviles, instalaciones, ambientaciones, fuentes con agua fluyente, y otras experiencias que incluyen iluminación policromática variable. Algunas de sus obras monumentales estén instaladas en espacios públicos. Otras se hace publicas por otros medios, como el logo de la ciudad de La Rochelle, en Francia.

La obra de Martha Rodríguez tiene muchas afinidades con esa corriente nueva de la plástica venezolana, influida por las reticulares de Gego y por las esferas y cubos inmateriales de Soto, que coinciden en la inmaterialidad, lo aéreo, la transparencia y la liviandad, como dibujos en el aire.

Los elementos fundamentales en la obra de M. Rodríguez son: la transparencia, la luminosidad, la levedad, la síntesis, la abstracción, lo circular, el movimiento virtual, lo racional y lo sensible.

Como un intento por definir su obra, la propia artista escribió, en francés, en el libro que le editaron en Francia con comentarios muy elogiosos de varios críticos y artistas, entre los cuales figura Carlos Cruz Diez; Martha Rodríguez afirma: Cualquiera que sea el proyecto en que trabajo, la naturaleza de mi propósito estar siempre vinculada a la transparencia. Es un diálogo entre conceptos opuestos que se entrelazan en equilibrio, planteando numerosos problemas visuales, formales y conceptuales (antónimos y sinónimos): visible-invisible, simetría-asimetría, opacidad-transparencia, (tal vez quiso decir: antinómicos y homólogos, en lugar de limitarse al valor lexical de antónimos y sinónimos).


Por su parte, Carlos Cruz Diez escribió, acerca de la obra y la personalidad de la artista, que es una investigadora tenaz, con una percepción aguda de lo sutil, de lo que muy pocos logran percibir?, añadiendo que, en su praxis plástica y gráfica, sus obras manifiestan una personalidad fuerte, expresada en soluciones siempre refinadas y exquisitas. En sus realizaciones de estructura espacial, la transparencia es la materia-prima de su investigación, y a través de ella la artista nos hace sentir en su discurso, que puede ir más allá de la inmaterialidad de su propia condición de transparencia. Es una metáfora de lo ambiguo, una experiencia que materializa lo inmaterial, mientras lo material deviene estructura aparente.

Poco antes de su muerte, el crítico francés Gastón Diehl, quien realizo una gran labor critica y promocional del arte venezolano durante el largo periodo de su residencia en el país, escribió en 1996 lo siguiente: Hace falta valor, y a Martha Rodríguez no le falta, para pasar de una técnica a otra, del grafismo a la expresión pictórica, manteniendo un cierto lazo con el punto de partida. Luego, con un convincente poder de sugestión, logra entrecruzar finas varillas, con ingenio, o darles profundidad, o mezclarlas con otros elementos, variando, introduciendo un fondo de color, se lanza audazmente a la conquista del espacio. Aprovechando esa apertura comienza a explorarla experimentando una materia noble, a la vez resistente y frágil, el vidrio, sustento de la imaginación y los sueños. Le deseamos que continúe desarrollando tan fascinante aventura.

En el libro de Martha Rodríguez, así como en los catálogos de sus exposiciones personales y los respectivos comentarios de la prensa, hay muchos escritos, de los cuales se pueden extraer fragmentos como estos que hemos citado. En los textos del libro no se mencionan ciertos conceptos y ciertas cualidades que son importantes en la obra de la artista, y que hemos señalado al comienzo de estas páginas (en el cuarto párrafo de la primera). Entre esos elementos que consideramos fundamentales figura el problema del movimiento.

 

El movimiento, en la obra de Martha R., puede ser real, potencial, virtual, ilusorio, imaginario, referencial, causal, especulativo, asociativo. Algunas obras, por ser colgantes (de una cuerda), implican un movimiento giratorio, que a veces genera otros movimientos interiores derivados del primero. Estos movimientos, y otros semejantes, entran en la categoría de los movimientos físicos, de desplazamientos. Todos ellos provocan una percepción variable, por aceleración, rapidez, lentitud, oscilación, balanceo, bamboleo, fluctuación, vibración, discontinuidad, irregularidad, etc.

 

Otros movimientos pueden ser irreales, sugeridos o aludidos, o referenciales y asociativos, o ilusorios y virtuales, como los que derivan de la lectura visual de las formas reales, por las repeticiones regulares de contrastes violentos, por las sinuosidades de los volúmenes ondulantes, por las inflexiones de las curvas serpenteantes, por lo sincopado de los saltos y quiebres bruscos, por las sacudidas inesperadas de la mirada, etc. También se producen cambios y movimientos por las variaciones en la incidencia de la luz y de sus reflejos, por ejemplo, o por el efecto poderoso de la iluminación estroboscópica.

 

El movimiento, en las obras de Martha, se manifiesta, o se percibe, también, como energía contenida, o como juego de tensiones visuales. O bien, el movimiento concebido como algo más general, onmiabarcante, como el referido por Heráclito: como el modo de existir de todas las cosas. En ese sentido todo cambia, y todo cambio proviene del encuentro antagónico de sus elementos constitutivos, de su origen genesico contrastado. Así, el movimiento cambiante es la continuación del conflicto fundacional originario, que deriva en otras antagónicas subsidiarias, que conforman la dialéctica, la de Hegel, no la del estalinismo, porque es más bien lo contrario: nada se destruye, se transforma.

 

 

Lo malo del asunto es que la idea de cambio, de transformación, se inflación, en hyper-polisemia vaciada de contenido práctico y material. Pero se mantiene viva en forma fantasmal en ese mundo otro que es el reino de las artes.

La voluntad disruptiva, de romper con lo establecido, de transgresión radical contra los cánones del arte, de cuestionar los paradigmas, de parodiar y ridiculizar los modelos artísticos de moda, no aparece de un modo ostensivo ni evidente en las obras de Martha Rodríguez, salvo en el uso de los disparos contra vidrios que estallan, que sorprende por su inusual e inesperada violencia agresiva, que no corresponde a la sobriedad y la racionalidad de la conducta expresiva de la artista, ajena a truculencias, provocaciones, estridencias y desplantes escandalosos en su trabajo, más bien dado al desarrollo sistemático y riguroso de sus investigaciones. Esto no quiere decir que el disparo de fusil sea un innecesario acto escandaloso, ni que la artista sea poco inconformista. Su voluntad de innovación y de cambio es permanente, pero discreta y sobria.

A medida en que uno va penetrando en los problemas que se plantean en las obras de Martha Rodríguez, se van abriendo campos de reflexión ilimitados, que no caben en estas páginas, sobre todo si consideramos que cada problematizaron se va haciendo cada vez mas compleja y hermética.

 

Cada detalle, como el de las elipsis virtuales, con espacios y tiempos que se suprimen en los cambios de plano o secuencia. Y su correspondencia con el hecho sintético de suprimir uno o varios elementos en cada núcleo o conjunto formal. Las omisiones y supresiones psíquicas son también dignas de interés. Tal vez todo se simplificaría si uno dominara la geometría y la matemática, ademas de la computadora. Pero, para sentir y apreciar una obra de Martha Rodríguez no se requiere ninguna especialización matemática. Basta con disponerse a dialogar desprejuiciadamente con ella. Seguramente quedare con deseos de volver a hacerlo.

 

 

 

Léopoldo NOVOA

artiste peintre sculpteur

2008 

Nous sommes face aux matériaux touchés par la main d’une artiste. Ce qui fut matière,  fer,  métaux,  cristal, bruts et dévastés, convertis en reflets et transparences, en matière sensible. J’oserais dire en musique spatiale parce que le son entre aussi en compte et le complément. Approchons nous de l’oeuvre de Martha sans préjugés pour l’humilité des matériaux, pour sentir comment ils se transmutent pour que l’art puisse aussi se toucher avec la main.

 

 

Carlos CRUZ DIEZ

artiste

2008

Martha et la transparence

Depuis de nombreuses années je connais Martha Rodríguez en tant que chercheuse tenace, d’une perception aigüe du subtile…de ce que très peu parviennent à détecter.

Graphiste et plasticienne, ses oeuvres attestent d’une forte personnalité, mais, sont toujours traitées de manière raffinée et exquise.

 

Dans certaines de ses œuvres de structures spatiales, la transparence est la "matière brute" de sa recherche, et à travers ce discours, elle nous fait percevoir que la transparence peut aller bien au-delà de sa propre condition immatérielle.

C’est une métaphore de l’ambigu, une expérience qui matérialise l’immatériel et le matériel se change en une structure apparente.

  

Gérard XURIGUERA

2002

Adepte des arts graphiques et du design, originaire du Venezuela mais parisienne depuis plus de deux décennies, Martha Rodriguez est avant tout une artiste polymorphe, qui pratique alternativement la peinture, la sculpture et les installations, en s’inscrivant de plain-pied dans l’esprit de son temps. Néanmoins, davantage que l’image peinte, elle donne le primat à la troisième dimension, et par extension, à ses détonnantes scénographies. On pense d’emblée à cette structure tubulaire en rectangle, qui porte en son axe médian trois épaisses plaques de verre légèrement espacées les unes des autres, sur lesquelles se détache l’impact d’un tir de kalachnikov. La déflagration a éprouvé, bien entendu, la résistance du matériau, au cours d’une performance unique, mais elle implique également des notions de temps, de vitesse et de précision, au fil d’un défi esthétique recoupant certains mythes de violence de nos sociétés en crise. En d’autres circonstances, Martha associe le verre concassé, martelé, stratifié ou découpé, dont elle conjugue la transparence et l’opacité, au métal en spirale ou en fragment, au bois ou au granit lisse ou strié, pour élaborer des sculptures objets à la résonance conceptuelle, qui transgressent leur signification première.

 

Emanations directes du réel, ces oeuvres se tiennent à l’écart du produit manufacturé, mais s’avèrent inséparables de notre civilisation industrielle. Plus avant, Martha crée aussi des sortes de tableaux-reliefs émaillés d’éclats de verre scintillants, rehaussés par une lumière enveloppante, qui suscitent des harmonies changeantes, dans une houle poétique étudiée. Autant de propositions qui manifestent une écriture diversifiée et cohérente, libre et contrôlée, où interfèrent présence et absente, mémoire et sensation, dans une roborative fusion des contraires. Mais quels que soient les partis pris de l’artiste, jamais l’emprise des moyens techniques ne prend le pas sur l’intégrité artistique de son oeuvre, ni sur ses connotations psycho-affectives.

 

 

 

Thierry VENDÉ

2005

Epouvantʼart, Château Saint Jean de Beauregard

 

Lʼinstallation de Martha Rodriguez "Champ de tentations"  est aux antipodes de ce quʼon imagine pour un épouvantail. De combien de stratagèmes faut-il en effet user pour les effrayer ces volatiles, par le mouvement, le son ou la lumière, et le plus souvent sans résultat tangible. Loin de vouloir effrayer les oiseaux, les sphères de plexiglass de lʼartiste sont au contraire une invitation à trouver demeure. 

La sphère est tour à tour mangeoire ou abreuvoir, abri ou nichoir.

Aérienne et mobile, lʼinstallation évoque avec un peu de recul des bulles aériennes comme celles que nous faisions enfant avec de lʼeau et du savon. Il suffirait de peu pour quʼelles sʼenvolent.

 

 

 

Hélène Benkö-Poisot

2007

Espace-Matière-Energie-Harmonie. Univers quadridimensionnel dépassant notre monde pour rejoindre une perspective inépuisable et riche, tout en atmosphères. Comme si Martha n’avait emporté de son pays, de ses Tropiques, que les traces combinées, argentées, aériennes et fragiles de la lumière et du cristal de l’eau. Pour rapporter ici sa lumière et sa mer, elle semble avoir fait le tri, renvoyé l’exotisme du commun des mortels pour capter et tailler dans le verre une vibration nue, vivante, qu’elle retient par des liens de métal noués, coulants ou sinueux, parfois écartelés...

De cette matière brute, glaciale, tranchante et déchirante, elle découper des courbes fluides, des corolles frissonnantes ou créer un espace papillonnant de bleu. La poésie se plait dans ses panneaux suspendus et gravés, ses pavés sculptés ou ses compressions denses, et même ses torsades de fer ont quelque chose de voluptueux...

Et pourtant cette matière, il faut bien la briser, l’organiser, la dompter, la tordre.

Il faut forcer la force, l’assujettir, et se l’approprier.

Martha fait tout cela. 

 

Véritable métamorphose,

le paradoxe, l’expression d’un mystère est ici.

 

Car même cristallins, les éléments de son travail sont durs, froids, blessants ou ferrailleux mais agilisés par un talent irrésistible, ses oeuvres reflètent la légèreté., la profondeur... le rêve. Les sculptures de Martha ressemblent à des écrins de larmes, bijoux de transparences lisses ou superposées et l’on retrouve dans ses toiles et ses travaux sur papier les thèmes fracturés d’une mémoire secrète. Mais peut-on dire que son cheminement profond s’exprime dans cet « Impact pour la paix », vitrine explosée de notre époque, si proche par la force des choses, de nos coeurs balafrés ? Martha, ton parcours est un piège merveilleux pour nos yeux, et ton imaginaire est de toute beauté. Merci au Château de la Groulais de nous offrir le plaisir de cette découverte.

 

 

 

Gaston DIEHL

1996

Il faut quelque courage, et Martha Rodriguez n’en manque pas, pour tenter de passer d’un technique à une autre, du graphisme à l’expression picturale. Elle s’est décidée à franchir le pas, à s’extérioriser d’une nouvelle d’une nouvelle façon. Elle l’a fait avec une patiente détermination, une franche sincérité, tout en maintenant un certain lien avec le point de départ.

Avec un convaincant pouvoir de suggestion, elle parvient en effet à entrecroiser ingénieusement de fins bâtonnets, à leur donner du champ, à les entremêler à d’autres éléments, en variant, en introduisant un fond coloré elle se lance hardiment, à la conquête de l’espace. Profitant de cette ouverture, elle commence à s’en servir pour s’attaquer à présent à une matière noble, à la fois résistante et fragile, le verre, terrain d’accueil à l’imagination et aux rêves.

Souhaitez-lui donc de s’attacher à poursuivre et développer une pareille fascinante aventure.

 

 

 

Maxime BONO

Député, Maire de La Rochelle

2002

Martha Rodriguez est de retour.

En quelques semaines, il y a bien des années, elle avait saisi l’esprit de la ville toute entière.

 

Graphiste, passionnée par les signes, elle avait marié à La Rochelle, l’écriture gravée dans nos pierres, la figure équilibrée du triangle, et le bleu du ciel dans ce qui est aujourd’hui le logo de la ville. Elle nous invite, ce mois-ci, avec “Bacchus” à cheminer dans le Cloître des Dames Blanches pour y déchiffrer d’autres signes dans la vigueur de ses œuvres où se mêlent transparence et durée, force et fragilité, impact, mémoire et intuition.

Laissez-vous entraîner dans cette étrange promenade, toute faite d’atmosphère, de souvenirs et d’anticipation.

Nelson Castellano-Hernandez

2002

De l’explosion d’éclats à la juste mesure.

Le geste et la trace ont rompu avec la “ligne droite” de ces premières œuvres influencées par son travail graphique.

Sa recherche esthétique est interpellée par les faits quotidiens : la violence, la pollution, l’habitat, l’architecture, sont sujets de métaphores. Par ce biais elle tente nous faire découvrir la relation secrète entre son langage et son expression artistique. Son intensité se renforce avec une rare virtuosité graphique susceptible d’aboutir à de multiples expressions, du lyrisme au tumultueux.

Par un traitement magistral de la matière employée, elle produit une succession de plans alliés à une simplicité de conception. En définitive, c’est le produit d’une honnêteté structurale. Ces formes pures et ces compositions, reposant sur des suggestions intérieures, se distinguent par un caractère profondément médité et une richesse visuelle d’une grande harmonie, qualifiable de “symphonique”.

Sa motivation profonde est une recherche sur les formes et les matériaux, où tout provient d’une nécessité d’ « essentiel ».

Elle a décidé de prendre le verre afin de casser le plat et rencontrer une autre âme, rencontrer le volume.

Chez Martha Rodriguez, on perçoit une tendance à ouvrir la masse sculpturale. Profitant des propriétés physiques du verre, l’œuvre se distingue par sa finesse et sa légèreté dans les volumes. Il y a un côté féminin d’où vient sans doute tous ce que l’œuvre possède de douceur, de mélodie et d’enchantement, comme si l’artiste voulait unir la logique et la poésie, afin de placer cet ensemble au service de l’Homme.

On observe aussi que l’allusion, le langage symbolique sont beaucoup plus présents que l’expression directe. Le subtil et le discret sont pour elle plus efficaces que le simplement brutal.

En relation avec l’effet visuel et parce qu’on peut voir à travers, ses sculptures sont comme des espaces vides qui donnent l’impression d’être immatériel ; l’impression de légèreté et de fragilité est cette expérience d’une dichotomie entre le tactile et le visuel.

Les propriétés de la matière première sont jeux de paradoxes, jeu des apparences et lieu de surprise. Ces pièces qui paraissent légères,  sont au contraire lourdes et solides ; loin d’être blessante comme on pourrait le penser, leur découpe est sensuelle, et paradoxalement, possède une certaine douceur. Nous les ressentons « fragiles », mais en réalité, elles sont fortes.

Quand l’artiste assemble le verre “cassé” ou plus exactement déstructuré, elle réalise une analyse de la composition et la décomposition de notre société. C’est pour cela qu’elle aime imaginer son œuvre comme s’il s’agissait d’une fenêtre à travers laquelle elle perçoit ou conçoit ce que dans l’instant elle veut voir ; chaque pièce est un cadre qui lui permet de capter un fragment de la réalité extérieure, et d’attirer la déformation, la lumière, le mouvement ou la violence de l’impact, voire de capturer son propre reflet.

 

Même si le verre est transparent, pour Martha Rodriguez, il est la page blanche de l’écrivain, et devient plus qu‘un simple un moyen d’expression. C’est davantage la matière brute dans laquelle elle canalise la force de ses pulsions les plus profondes : d’une part en produisant un débordement d’énergie qui se matérialise dans une explosion d’éclats transparents, et d’autre part avec un équilibre, comme  résultat de son souci de la juste mesure.

 

 

 

Kantaro

Artiste 

2007

La peinture de Martha Rodriguez est le versant occulte de sa sculpture ; elle révèle avec bonheur le côté ludique de son travail. Si nous adoptions une analogie graphique je dirais que la sculpture, par rapport à l’articulation du langage formel de M.R., en représente la typographie (déterminée par des contraintes spatiales, de poids, de résistance des matériaux, etc.), où les caractères sont des vertèbres porteuses de la lumière qu’elles piègent.

 

En revanche, dans l’univers pictural, la transcription de ces éléments fondateurs se décline plutôt comme une calligraphie festive (où la puissance gestuelle, l’improvisation et la liberté par rapport à la gravité règnent), permettant ainsi l’expression d’une sensibilité chromatique riche en textures,

« la peau des lettres ».

 

 

 

Pierre-Henri Buestel

Artiste

2007

Le dessin fait partie intégrante de la démarche spirituelle que semble vouloir indiquer Martha Rodriguez : constructions, espaces, transparences, écritures, matières, expérimentations.

Ne sousestimons pas d'autre part cette attitude prometteuse, complète, (sculptures, peintures, gravures...) sources de recherches assidues  et quotidiennes dans son atelier de Nogent sur Marne, dont le parc naturel paraît si propice, entre autre, à son inspiration lyrique, expressionniste et sensuelle.

 

 

 

Abraham Pincas

Artiste et professeur à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris.

2007

J'ai vu tes œuvres et je voulais te dire que la lumière qui traverse tes verres accentue la transparence de ce monde comme si on le voyait à travers une fenêtre, face à face et non comme dans un miroir, qui reflète l'image renversée et spirituelle de celui qui le regarde.

La lumière reflétée de ces cristaux rappelle les étoiles qui scintillent dans   le ciel comme des pierres précieuses. Les couleurs que tu emploies, le blanc, le noir, le rouge, le bleu et le vert rappellent le feu noir et le feu blanc, le rouge de l'âme, le vert de la vie et le bleu de l'esprit.

Les formes sont le point, la forme la plus petite qui désigne le monde qui vient.

La ligne, qui donne les directions haut bas, biais et zigzag, droite et gauche et crée le carré, le triangle et le cercle. Ce dernier devient spirale et désigne le chemin infini.

Tes oeuvres, petites et monumentales s'insèrent dans l'environnement de la nature où tous les éléments, l'air, l'eau, le feu et la terre se liant en harmonie.

Les matières employées, le papier, le plastique gravé au feu, le cristal, le fer, l'acier contiennent les empreintes de ton art. Voir et entendre témoignent du lustre de la main sur tes œuvres.

Je te souhaite un bonne marche dans le sentier de la création, sans fin ni but.